Pour les mêmes raisons, si l'hôpital était par le passé un lieu de réflexions sur le devenir de la profession d'infirmière, c'en est bien fini. Il n'y a qu'à voir le peu d'initiatives qui ont été prises par le secteur public lors de la création de l'Ordre Infirmier. Tout le monde s'accorde à dire que ce sont les libéraux qui ont été les plus dynamiques et les plus motivés. Leur taux de participation aux élections en témoigne. Les grandes centrales syndicales se sont lamentablement discréditées en ne défendant pas les conditions de travail et en confondant les fonctions d'un syndicat et d'un Ordre qui paraissait leur ravir leur pouvoir. Par là même, elles ont fait le jeu des directeurs d'établissement qui craignent de voir s'étaler au grand jour les scandales qu'ils préfèrent étouffer.

Un des premiers chantiers auquel va devoir s'attteler l'Ordre, sera la réforme du LMD. Toute la profession l'attend. D'une part parce qu'elle va entrainer les augmentations de salaires tant attendues. En effet, les grilles de salaires des aides-soignants sont maintenant presque identiques à celles des infirmières. Mais les infirmières seraient reconnues comme cadres de catégorie A. Le coût de la mesure sera important, et c'est une des raisons pour laquelle cette réforme traine à se faire.

La seconde raison est que l'Université refuse de nous accorder l'équivalence du niveau licence avec notre DE parce que nos enseignants ne sont pas des universitaires. Il faudrait soit les mettre à niveau, soit les renvoyer travailler dans les services, ce dont ils ont très peur.

C'est ainsi que deux syndicats d'enseignants s'opposent sur ce problème: - le CEFIEC freine la réforme de toutes ces forces malgré ses excellents travaux sur les équivalences de diplômes et des VAE (Validation des Acquis d'Expérience) - la FSU envisage de calquer le passage au LMD sur la réforme qui a transformé les Ecoles Normales en IUFM pour les instituteurs.

Seulement cette réforme a pris 20 ans.

Notre profession, sinistrée, ne pourra pas attendre aussi longtemps.