Petit rappel :

L’ASV représente environ 24% de notre retraite. C’est la troisième part, qui se cumule aux deux autres que sont le régime de base et le régime complémentaire.

Dans les années soixante, quand l’économie marchait bien, l’Etat avait passé un contrat avec les professionnels de santé : en échange de leur conventionnement, c’est-à-dire de leur acceptation à respecter entre autres les tarifs encadrés par l’Assurance Maladie, celle-ci s’engageait à leur payer une partie de leurs charges sociales : la part Maladie (vous ne payez que 44€ par an pour cela à l’URSSAF), et l’Avantage Social Vieillesse ou ASV (vous n’en payez que 78€ par an actuellement à la CARPIMKO).

Or les caisses de l’ASV sont vides à ce jour. Il y a donc urgence à renégocier leur modalité de financement.

C’est de cet ASV qu’il s’agit aujourd’hui :

L’Etat veut en augmenter les cotisations des actifs, mais aussi baisser la part que touchent les retraités, pour faire ainsi porter l’effort sur tout le monde. Autrement dit, la Caisse ne veut plus honorer le contrat qu’elle a passé au départ avec les professionnels, les retraités qui ont cotisé toute leur vie pour avoir cet avantage, ne l’auront finalement pas.

En gros, nous allons payer trois fois plus pour une prestation trois fois moindre. En effet le point sera à terme payé 1,20 euro contre 2,60 aujourd'hui.

Avec 40 ans cotisés l'ancien système donnait 4200 euros annuels avec 44 points acquis par an. Le nouveau donnera 1200 euro environ avec seulement 24 points annuels acquis.

Pour un investissement du professionnel qui passe de 3080 euros (77 x 40), à 9300 euros environ (avec une part qui deviendrait proportionnelle au-delà d’un certain chiffre d’affaire).

C’est inacceptable !

Aujourd’hui, les plus grosses retraites servies par la CARPIMKO sont de l’ordre de 2000€ mensuels en totalisant les 3 parts auxquelles nous cotisons. Nous ne sommes pas de ceux qui ont les moyens de beaucoup investir dans des complémentaires retraites du privé, comme d’autres professionnels libéraux le font. Nous le savons tous.

Les 10 syndicats des 5 professions d’auxiliaires médicaux ont fait front commun lors de ces négociations. Au lieu de négocier l’ASV avec chaque profession prise indiduellement dans le cadre des conventions, l’urgence de la caisse vide fait que cela se négocie avec tous. Pas un seul n’a accepté les propositions du Ministère, et c’est cette cohérence interprofessionnelle encore inconnue à ce jour qui fait notre force pour le moment.

Les organisations professionnelles ont pourtant fait des propositions pour sauver cet ASV:

  • - Appeler une cotisation spécifique en 2008 pour assurer le financement de 2008 et se laisser le temps de réformer sereinement.
  • - Calculer le montant de la cotisation ASV sur la valeur de l’acte moyen et non plus sur la valeur moyenne pondérée des lettres-clé.
  • - Réintégrer dans les réserves de l’ASV à la CARPIMKO une partie de ce que nous versons à la compensation nationale de l'ensemble des régimes de retraite des professions libérales. Cette proposition qui ne coûtait rien n’a pas été retenue.
  • - Augmenter les cotisations pour ne pas pénaliser les retraites et garantir les mêmes avantages aux générations futures.
  • - Et la liste est longue…

Pas une de nos propositions n’a été même écoutée…

C’est du mépris. Aujourd’hui les négociations sont finies. Et l’Etat a pris tout seul la responsabilité d’y mettre fin. Les chirurgiens dentistes ont eu droit à la même réforme de leur ASV, mais leurs revenus, les contraintes de leur exercice et leur patrimoine professionnel n’ont rien à voir avec les nôtres... De plus, si les retraites commencent à baisser aujourd’hui, qui nous dit que cette baisse ne va pas se poursuivre encore dans les années à venir ?

Vouloir transformer un avantage conventionnel en régime de retraite est une duperie qui vide le contrat conventionnel de sa raison d’être.

Alors nous pouvons nous poser la question : Est-ce que ça vaut encore la peine d’être conventionné ? Ne ferions-nous pas mieux de renoncer à nos conventions et pratiquer librement notre exercice ?

En attendant, de grands mouvements de protestation se préparent dans les rangs unis de nos 5 professions d’auxiliaires médicaux. Tous nos retraités comptent sur vous pour défendre leurs retraites et les nôtres. Nous sommes 140 000 actifs et 30 000 retraités. Ca devrait faire du bruit !