La pénibilité: un thème majeur pour la reconnaissance de notre profession
Par Anne SEIGLAN, mardi 3 juin 2008 à 17:45 :: Réflexions et Discussions :: permalien #48
L'année dernière, l'association AILLES avait travaillé sur la question de la pénibilité de l'exercice en libéral. Ce thème est en effet un enjeu majeur, puisqu'il est repris par beaucoup de professions dans les négociations qui se tiennent actuellement sur la réforme des retraites notamment. Mais il pourrait aussi resortir lors des négociations conventionnelles, sutout en ce qui concerne la constitution de notre prochaine Nomenclature...
Nous avions commencé à construire un questionnaire que nous nous étions fait passer entre nous, et nous avions ensuite essayé de le perfectionner. Mais cet embryon d'étude n'a pas eu de suite au sein de l'association.
L'idée a pourtant fait son chemin, puisque le projet d'étude de la pénibilité a ensuite été présenté au Conseil d'Administration de la CARPIMKO, qui l'a adopté à l'unanimité. Un budget a alors été dégagé pour mener cette enquête à bout. Certains d'entre vous ont d'ailleurs peut-être été intérrogés par l'Institut de sondage choisi.
En effet, si à l'hôpital, les professionnels peuvent toujours faire appel à la collègue qui passe dans le couloir pour obtenir un coup de main pour soulever un malade dans son lit, en libéral, nous sommes seules au chevet des patients. Combien de kilos soulevons-nous alors? 30? 50? Parfois davantage?
Quand on sait que la législation du travail (qui s'applique au milieu salarié) préconise une charge maximale de 25 kg pour les femmes et de 55 kg pour les hommes, nous sommes loin du compte. Combien d'entre nous ont des troubles musculo-squelettiques qu'elles ne déclarent même pas en accident du travail, parce qu'il faut continuer à assurer les tournées et la permanence des soins?
Cette enquête est aujourd'hui terminée. Elle a porté sur tous les professionnels libéraux paramédicaux de la caisse de retraite. Les résultats sont aujourd'hui publiés dans toutes nos revues syndicales, professionnelles, et sur le site de la CARPIMKO. Ils reflètent tout à fait notre pratique, et correspondent à ce que nous étions en droit d'en attendre.
Nous demandons la reconnaissance de cette pénibilité de l'exercice libéral, comme les infirmières salariées l'ont obtenu dans les hôpitaux publics, à hauteur d'une année de bonification de cotisation retraite pour chaque tranche de 10 années travaillées. Les négociations vont bientôt commencer.
La pénibilité psychologique est plus difficile à chiffrer: le stress de la conduite en voiture, l'agressivité des patients ou des familles, les exigences de plus en plus pressantes de ceux qui deviennent de plus en plus des "clients", des "consommateurs de soins". Pourtant, elle est ressortie du questionnaire. Les deux items qui arrivent en tête du palmarès de la pénibilité sont d'une part l'isolement du libéral, et d'autre par le rôle de psychologue dévolu aux infirmières libérales qui sont en première ligne face aux patients.
Je vous invite à prendre connaissance des résultats en cliquant sur le document PDF ci-joint.
Ce qui est amusant, c'est de se dire que AILLES a un peu joué le rôle de "laboratoire" expérimental dans tout ça, non?...
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