Les risques post-opératoires sont de trois sortes : - risques hémorragiques : redons, pansements compressifs, paramètres à surveiller

- risques infectieux : antibiotiques, aspirations trachéales stériles, kiné respiratoire, t°

- risque d’emphysème : palpation, pansement compressif si nécessaire.

J1 : alimentation par sonde naso-gastrique.

Dès J3, le médecin procèdera à la pose d’une canule parlante.

Vers J15, une orthophoniste apprendra au patient à se nourrir pour permettre l’ablation de la sonde naso-gastrique. Vers J10 ou J20 selon les résultats de la radiothérapie, on pourra procéder à l’ablation des fils ou des agrafes.

En cas de laryngectomie partielle, on procède à la décanulation du patient.

En cas de laryngectomie totale, le patient ressort du bloc avec un pansement sous-mentonnier compressif pour éviter la formation d’un pharyngostome. Il est porteur d’une prothèse phonatoire. Il faut alors l’éduquer aux soins de canule.

Le patient peut avoir besoin d’une infirmière libérale pour :

- les soins de canule 2 à 3 fois par jour

- les soins de bouche si le patient ne s’alimente pas

- les soins de nez

- les pansements simples (GEP)

- les pansements compressifs

- la poursuite de l’éducation du patient ou de sa famille

- la relation d’aide

Matériel nécessaire à domicile :

- aspirateur de mucosités

- aérosols pour éviter la formation de bouchons muqueux

- pompe de nutrition entérale

Protocole de pansement de décanulation

C’est le pansement à effectuer après l’ablation d’une canule trachéale jusqu’à la décanulation. L’objectif est de permettre le rapprochement des berges de l’orifice de trachéotomie jusqu’à cicatrisation complète des plans profonds et superficiels.

Il faut s’assurer au préalable que le patient est capable de respirer par les voies naturelles et qu’il n’a plus besoin de trachéotomie. Il aura donc gardé le clapet de sa canule fermé durant 24 heures consécutives. On réalise le premier pansement après la décanulation. Par la suite, il est à effectuer après chaque repas lorsque le patient s’alimente et risque de faire des fausses routes (le passage d’aliments ou de sécrétions dans l’orifice compromettrait la cicatrisation). Dans le cas contraire, le pansement sera réalisé une fois par jour.

Matériel :

1 paquet de 5 compresses stériles 10x10

1 flacon d’eau oxygénée

1 bande d’élastoplaste 10 cm de large

2 bandes d’élastoplaste de 6 cm de large

1 rouleau de sparadrap hypoallergénique

1 paquet de coton «satellite »

Déroulement du soin :

Installer le patient confortablement, si possible en position assise tête fléchie

Oter le pansement sale avec l’aide d’un anti-adhésif pour ne pas abîmer la peau, et observer la fermeture progressive de l’orifice : l’absece de passage alimentaire, de sécrétions ou d’air indique la bonne voie de la cicatrisation. Evaluer aussi la ventilation du patient.

Nettoyer l’orifice à l’eau oxygénée.

Plier une compresse sèche en 4 sur l’orifice et la fixer avec un bout de sparadrap.

Plier une deuxième compresse en 2 et la fixer de la même manière.

Recouvrir le tout par une autre compresse non pliée.

Déplier 2 autres compresses pour que leur longueur recouvre les épaules du patient et se croisent sur l’orifice en protégeant la peau.

Mettre une bande d’élastoplaste 6 cm bien étirée en suivant le trajet des deux dernières compresses. (Fig 1)

Le morceau d’élastoplaste 10 cm sera fendu sur les côtés pour être positionné en croix compressive sur l’orifice. (fig 2)

Etablir un repère en relief à l’endroit de l’orifice de trachéotomie pour que le patient le comprime avec le doigt lorsqu’il parle ou tousse, cette manœuvre empêche un passage de l’air qui entretien l’ouverture et empêche la cicatrisation. Expliquer au patient.

Précautions particulières :

Ne jamais comprimer le pédicule d’un lambeau musculo-cutané de grand pectoral, ce qui compromettrait la bonne vascularisation du greffon. Par exemple, si le patient a eu un lambeau prélevé à droite du thorax, le pansement sera compressif uniquement à gauche.

Le fil de rappel situé sous l’orifice est à retirer 2 jours après la décanulation.

Ne pas appliquer de stéristrips pour rapprocher les berges (risques d’emphysème sous-cutané et risque d’abcès.

A la fermeture de la trachéotomie, poser un pansement simple jusqu’à cicatrisation totale.

Transmissions :

Noter l’état du pansement : passage de particules alimentaires, de salive ou expectoration

Noter l’évolution de la cicatrisation : diamètre de l’orifice, passage d’air ou non, etc.