Quelques rappels sur les chambres implantables ( Port-Ã -Cath ou PAC)
Par Anne SEIGLAN, lundi 12 mai 2008 à 11:05 :: Fiches techniques :: permalien #23
- Une chambre implantable est faite pour supporter 1500 ponctions avec une aiguille de Huber
- On peut passer dans une chambre implantable, des produits de chimiothérapie, des antiviraux, des nutrition, des antibiotiques à fortes doses comme pour les cures de mucoviscidose, et aussi des transfusions.
Dans ce dernier cas, il faut impérativement être à côté du patient au moment où la transfusion se termine, et rincer immédiatement, sous peine de voir le sang coaguler dans la tubulure et boucher la chambre implantable.
- En cas de chambre bouchée par un caillot, on injecte 5000ui d’Urokinase en solution avec 9 ml de sérum physiologique et on pratique une injection-aspiration dans la tubulure jusqu’à débouchage. Cela peut durer quelques minutes, mais parfois aussi quelques heures.
- L’abord d’une chambre implantable est généralement la veine cave supérieure. Mais il peut être aussi dans l’artère hépatique (dans ce cas, il n’y a pas de retour veineux), en voie rachidienne ou encore péritonéale (de plus en plus rare). Sur certains PAC, il existe une valve anti-retour, ce qui fait que là non plus, il n’y aura pas de retour veineux. Le problème, c’est que le choix de ce genre de PAC est fait par le chirurgien, et que la plupart du temps nous, infirmières et utilisatrices de ces PAC, n’en savons rien...
- Il est n écessaire de bien fixer le PAC à la peau avec du sparadrap dessus directement sur la peau, l’aiguille devant souvent rester en place 5 à 7 jours.
Complications lors de la pose du PAC : hémorragie, chute de la tension artérielle, pneumothorax, phlébite, œdème ou hématome au point de pose, infection avec fièvre, rougeur, etc.
En cas d’extravasation : le produit passe à coté de la chambre, l’aiguille a été mal placée, le septum de la chmabre a été mal repéré. On peut avoir une réaction nécrotique, surtout en cas de chimio. Il faut tout de suite aspirer le point d’injection, c’est une urgence thérapeutique.
Les trhromboses sont fréquentes, et font courir un risuqe d’embolie pulmonaire. On a alors une douleur et un gonflement du bras. Il faut envoyer le patient à la radio pour confirmer le diagnostic, et le traitement se fait par héparine.
Il peut y avoir aussi des ulcérations cutannées, un retournement de la chambre implantable, une perte d’étanchéité ou une désinsertion de l’aiguille en fonction de la position du patient.
Problème particulier de l’infection sur PAC
L’infection peut être précoce ou tardive. Le patient a alors le plus souvent de la fièvre et une inflammation au niveau de la chambre. Mais les signes locaux sont inconstants et il peut n’ avoir que des frissons. On observe souvent une décharge de température, même parfois 20 minutes après l’injection.
Il faut donc repérer le germe en pratiquant des hémocultures, dans le PAC, mais aussi en périphérique, pour savoir si l’infection est générale ou locale. Avec en plus une NFS et une CRP.
Le choix de l’antibiotique dépend des hémocultures comparatives.L’antibiothérapie dure alors environ 2 semaines, mais dans 60 % des cas, l’ablation du PAC est nécessaire et le processus vital est en jeu dans 5% des cas.
Les cortico-thérapies associées au traitement sont souvent des facteurs favorisant ces infections sur PAC. La moitié des sujets infectés environ viennent du domicile, l’autre moitié le sont en milieu hospitalier, ce qui prouve qu’aucun milieu n’est à l’abri désormais des attaques microbiennes, et le plus souvent le responsable est le Staphyloccoque Auréus Résistant à la Méthycylline (SARM).
Pour pratiquer les hémocultures : (rappel)
- on désinfecte en trois temps le point de ponction : Bétadine Rouge, eau Stérile, Bétadine Jaune
- On fait un prélèvement aérobie, et un anaérobie, et ceci en voie périphérique puis en local sur la chambre.
- Ne pas oublier de bien marquer sur les flacons les points de ponction pour s’y retrouver après !
- Renouveler l'opération 24 heures plus tard
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