La nutrition entérale
Par Anne SEIGLAN, lundi 12 mai 2008 à 10:22 :: Fiches techniques :: permalien #21
La nutrition en quelques chiffres
Indice de masse corporelle
La malnutrition
Evaluation de la perte du poids
Besoins énergétiques
Surveillance d’une nutrition parentérale
I- Mesure du poids d’une personne : l’Indice de Masse Corporelle
L’IMC est une méthode fiable pour les adultes de 20 à 65 ans, mais ne peut pas être utilisée telle quelle pour les femmes enceintes ou qui allaitent, les athlètes d'endurance ou les personnes très musclées. Le résultat d'un calcul entre votre poids et votre taille vous donne une évaluation de votre corpulence et des risques éventuels sur votre santé. Le look est une chose, la santé en est une autre…
L’IMC est égal à  :
Poids en kilo / taille en cm au carré
Par exemple, si vous faites 1.75m pour 70 kg, votre IMC est de 22.86
Avec une IMC entre 19 et 25, vous atteignez un poids « souhaitable », que vous allez entretenir par une alimentation équilibrée et une activité physique régulière.
Entre 25 et 27, vous êtes en surpoids modéré. Ce surpoids peut augmenter votre risque de maladies, en particulier de troubles cardiaques ou vasculaires et de diabète. Ce risque peut se cumuler avec d’autres risques provoqués par le tabagisme, l’hypertension ou le cholestérol. Dans tous les cas, une diminution de poids vous sera bénéfique. Une alimentation moins riche en graisses, avec d’avantage de fruits et de légumes, et une activité physique régulière vous permettront sans doute de retrouver un poids idéal.
Au-delà de 27, votre surpoids est excessif.
II- La malnutrition
En-dessous d’une IMC à 19, il existe plusieurs stades de dénutrition :
de 17 à 18.5, on a une malnutrition légère
de 16 à 17, une malnutrition modérée
inférieure à 16, on est en présence d’une malnutrition sévère
Taille : Lorsqu’un adulte est trop faible pour rester debout ou présente une déformation du rachis, on mesure la taille en mesurant la demi-envergure du bras. C’est la distance entre le milieu de la fourchette sternale et l’extrémité du majeur lorsque le bras est tendu horizontalement sur le côté. Mesurer les deux côtés. S’il y a un écart, remesurer les bras et retenir le chiffre supérieur.
La taille se calcule alors ainsi :
Taille(en mètres) = 0,73×(2×demi-envergure du bras)+0,43
(préconisations OMS)
III- Evaluation de la perte de poids
Le rapport poids actuel / poids habituel est le plus simple :
% d’amaigrissement = (poids habituel – poids actuel) x 100 / Poids habituel
Le diagnostic de dénutrition est porté à partir d’une perte de 10%.
Une perte brutale de 25 % a la même valeur pronostique péjorative qu’une perte de 50 % sur une longue durée. Plus l’installation de la dénutrition est rapide, plus les conséquences sont sévères.
Les critères biologiques
- Protéine nutritionnelle : l’albumine
L’albuminémie : La normale varie de 35 à 55g / litre
En dessous de 30, on a une dénutrition moyenne
En dessous de 25, une dénutrition sévère
- Protéine musculaire : la créatinine
La créatininurie est le marqueur de la masse musculaire
La valeur moyenne normale se situe entre 160 et 250 µmol / litre (sur les urines de 24 heures)
Si la valeur est supérieure à 250 µmol, on est en présence d’un état hypercatabolique.
IV- Les besoins énergétiques
Les valeurs normales moyennes sont de 30 kcal / kg / jour pour un homme
Et de 25 kcal / kg / jour pour une femme.
Le calcul peut se faire de façon plus précise en fonction du poids, de la taille et de l’âge, avec les équations suivantes :
Pour un homme : n kcal = 66.47 + (13.75 x poids) + (5 x Taille) + (6.76 x Age)
Pour une femme : n kcal = 65.1 + (9.56 x Poids) + (1.85 x Taille) + (4.68 x Age)
Ceci est valable pour un sujet alité.
Pour un sujet non alité, il faut multiplier par un coefficient correcteur de 1.2
En cas de :
- température, par degré au-dessus de 37°C : 1.1
- chirurgie mineure, le coefficient de correction est de 1.2
- traumatisme : 1.35
- infection, y compris sida : 1.6
- brûlure : 2
Besoins hydriques
Ils sont de 25 à 35 ml / kg / jour chez l’adulte
Besoins protidiques
1g = 4 kcal
15 % de l’apport journalier nutritionnel, soit chez l’adulte environ 1g par kg et par jour.
La valeur biologique des protéines est optimale (95%) dans les œufs et le lait, puis viennent par ordre décroissant les autres protéines animales, les légumes, les céréales et les racines. Malgré certains déficits en acides aminés essentiels, les protéines végétales peuvent entrer pour 50 % dans la ration protéique. Elles ont l’avantage de ne pas être associées à des acides gras saturés et à du cholestérol.
Besoins glucidiques
1g = 4 kcal
Ils apportent 50 à 60 % de la ration calorique journalière, soit environ 5g / kg / jour.
On distingue :
les sucres rapides : tels que le lactose du lait, le sacchrose (sucre de ménage : glucose-fructose), ou le fructose des fruits.
Les sucres complexes : il s’agit essentiellement de l’amidon présent dans les céréales le riz ou la pomme de terre. Ils apportent en même temps des minéraux, des vitamines et des fibres.
Les fibres alimentaires comme la cellulose ne sont pas absorbables, mais ont un rôle régulateur nécessaire au transit intestinal. Leur absence dans l’alimentation s’accompagne d’une fréquence plus élevée des tumeurs malignes.
Besoins lipidiques
1g = 9 kcal
Ils apportent 30 % de la ration calorique (dont 1/3 d’acides gras poly-insaturés), soit environ 1 à 1,2 kcal / kg / jour. Ils sont énergétiques, mais aussi source d’acides gras essentiels participant à la structure des membranes cellulaires.
On distingue :
les graisses animales riches en cholestérol et en acides gras saturés dont la surcharge est source de problèmes majeurs de santé publique.
Les graisses végétales, riches en acides gras insaturés. Cependant, toutes les graisses végétales n’ont pas la même valeur : l’huile d’olive est meilleure que l’huile d’arachide, par exemple. De même la résistance des huiles à la chaleur varie : certaines forment lors de la cuisson des composés toxiques cancérogènes.
V- Surveillance d’une nutrition parentérale
Les objectifs d’une nutrition bien conduite sont :
- prise pondérale
- freinage de l’hypercatabolisme
- maintien ou rétablissement des synthèses protéïques
- cicatrisation
- réduction de la fréquence des accidents infectieux
- amélioration de la pathologie sous-jacente (pancréatite aigüe, Crohn,…)
Surveillance de l’efficacité nutritionnelle : - poids
- force musculaire périphérique et respiratoire
- biologique : albumine, dosage des oligo-éléments
Surveillance de la tolérance :
- clinique : hydratation, diurèse, peau et phanères (bons indices du déficit en vitamines et oligo-éléments)
- biologique : glycémie, ionogramme, cholestérol, triglycérides, bilan hépatique
Surveillance de la voie veineuse centrale, si nutrition parentérale:
- contrôle du cathéter par la présence d’un reflux de sang veineux ou par radiographie
- surveillance quotidienne du point de ponction à la recherche de sepsis, rougeur, œdème, écoulement ou fuite.
- Manipulation de la ligne de perfusion avec aseptie
- Pas de changement du prolongateur en amont de la rampe pendant toute la durée d’insertion du cathéter.
- La voie veineuse centrale est indiquée quand le capital veineux périphérique est déficient, ou dans les cas d’administration de solutions hyperosmolaires > 900 mmol / litre.
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