Bien-fondé d’une consultation infirmière :

Devant les problèmes:

- de l’augmentation de la population âgée,

-le manque de médecins généralistes,

-leur manque de disponibilité en ville, les soirs et les week-end notamment,

-Devant l’obligation pour l’infirmière à domicile d’appeler le médecin traitant pour prescrire des produits ou du matériel de première nécessité, alors qu’elle en est l’initiatrice,

-Devant le fait de sa présence constante sur le terrain, le jour, la nuit éventuellement, et les week-ends, et de sa bonne connaissance du malade qu’elle prend en charge,

Une consultation infirmière apparaît indispensable pour l’évaluation des besoins de la personne soignée et la mise en œuvre de soins de qualité. Elle déboucherait sur un droit de prescription de certains produits ou matériels dont la liste reste à définir de façon exhaustive.

Le coût et la cotation de cette consultation resterait à définir dans le cadre de la Nomenclature Générale des Actes Professionnels.

Cependant, on peut penser que son coût serait légèrement inférieur à la consultation du médecin généraliste, et générerait ainsi des économies substantielles aux Organismes de Sécurité Sociale.

L’infirmière réaliserait ainsi une véritable expertise, c’est-à-dire une mise en œuvre de ses compétences, dans le cadre d’un travail inter-professionnel, en relation avec le médecin traitant bien sûr, qui ainsi lui transfert une partie de ses compétences, mais aussi en relation avec les kinésithérapeutes, les auxiliaires de vie, les familles, etc, dans le but d’un véritable travail d’équipe, autour d’un malade pris en charge dans sa globalité.

La consultation infirmière va de pair avec une revalorisation de la Nomenclature, telle que suggérée dans le document ci-joint, incluant tous les actes qui ne sont actuellement pas pris en compte et permettant leur cumul.

Cette consultation infirmière serait:

-la démonstration incontestable de l’efficacité des soins infirmiers,

-la démonstration de nos valeurs associées au soin,

-un référentiel commun et une cohérence professionnelle

-la crédibilité et la reconnaissance (1)

dont la profession a bien besoin à l’heure actuelle

(1) « L’expertise en soins infirmiers », Congrès des 20 et 21 juin 2002 de l’Association Nationale des Infirmières et Infirmiers Diplômés ou Etudiants (ANFIIDE)

La consultation en cabinet

A l’heure actuelle, elle n’est pas encore envisagée comme telle. On peut seulement penser que le jour où les infirmières libérales auront un droit de prescription, rien n’empèchera que des patients viennent la consulter en cabinet pour :

-de petits soins,

-des prescriptions dans des limites précises,

-des conseils alimentaires,

-de la prévention,

-ou du soutien psychologique,

toutes choses que les infirmières pratiquent déjà quotidiennement, mais qui ne sont pas reconnues à l’heure actuelle en tant que « praxis ».

La consultation au lit du malade

Lorsque le malade revient de l’hôpital : la première visite de l’infirmière à ce moment-là consiste à observer, identifier les problèmes, et mettre en Å“uvre les moyens pour les résoudre. C’est souvent là qu’une première prescription intervient, le plus souvent pour du matériel d’équipement : lit médicalisé par exemple, avec choix du matelas en fonction la corpulence du malade ; choix d’une chaise-pot avec ou sans roulettes ; etc… Ce sont des paramètres que les médecins traitants ignorent la plupart du temps, et dont ils ne sont pas les utilisateurs quotidiens.

Pour du matériel à renouveler régulièrement : poches à urine, matériel de glycémie, etc… L’infirmière à domicile est souvent confrontée à des problèmes de pénurie de petit matériel qu’elle utilise. Elle est alors obligée de se le faire avancer par les pharmacies en urgence et d’en tenir la comptabilité pour la visite suivante du prescripteur. Il semblerait plus judicieux qu’elle puisse les renouveler elle-même.

Pour les pansements : là encore, la prescription infirmière est une nécessité. Seule l’infirmière, en tant qu’utilisatrice, est à même de juger du nombre de boîtes de compresses par exemple nécessaires à la réalisation de son soin, et trop souvent, elles sont prescrites par les médecins, soit en sous-nombre, soit en excès. De même, seule l’infirmière peut juger des produits médicamenteux à appliquer sur des plaies d’escarres ou d’ulcères qui relèvent de ses compétences. La plupart du temps, les médecins traitants ne connaissent pas l’état de telles plaies, ne défont pas les pansements par manque de temps, et manquent de connaissances concernant les nouveaux produits dans ce domaine particulier.

Pour certains examens complémentaires de laboratoire, avant une consultation médicale.

L’infirmière a la compétence pour repérer certaines déficiences physiologiques qui demandent confirmation par des examens urinaires ou sanguins. Il est irrationnel de faire venir le médecin traitant deux fois : une fois pour prescrire un ECBU par exemple à la suite de l’apparition d’oedèmes, et une seconde fois pour prescrire le traitement adapté. La première prescrption pourrait être faite par l’infirmière qui a constaté le symptôme. Là aussi, la liste de ces examens devrait être exhaustive, il ne s’agit pas d’empiéter sur le rôle du médecin traitant, mais seulement de le seconder efficacement.

Pour une surveillance hebdomadaire de traitements spécifiques, telle que la consultation infirmière existe déjà pour les diabétiques. Elle pourrait s’appliquer dans les surveillances de traitements anti-coagulants oraux, nécessitant la tenue de feuilles de surveillance.

LISTE DES MATERIELS ET PRODUITS QUE LES INFIRMIERES DEMANDENT DE POUVOIR PRESCRIRE

Matériel :

-lit médicalisé en location

-matelas ou sur-matelas anti-escarres

-coussin anti-escarres

-déambulateur, canne

-fauteuil percé

-lève-malade en location

-pied à perfusion en location

-appareil de glycémie, lancettes, bandelettes et aiguilles à stylo

-bas, chaussettes et bandes de contention

-sondes urinaires, poches à urine, Pénilex

-poches de stomies et Stomahésive pommade

-sondes gastriques

-lunettes à oxygénothérapie

-sondes d’aspiration bronchiques buccales ou nasales

-tubulures, prolongateurs, bouchons de perfusion

-poches de sérum physiologique ou flacons

-sets de perfusion avec ou sans aiguille de Huber

-Vésirig

Pommades :

En prévention d’escarres : Dexeryl, Aloplastine, Vaseline

Anti-inflammatoires : Ketum, Flector,

Autres :Pevaryl, Proctolog, Hemoclar

Pansements -Compresses

-sérum physiologique

-produits désinfectants: Bétadine, alccol à 70°, éther, Biseptine, Hibiscrub, Héxomédine, Septivon…

-Eosine, Pulvo,

-bandes Velpeau ou Nylex

-Stéristrip

-Surgifix

-les hydrogels : Purilon, Intrasite

-hydro-colloïdes : Duoderm, Comfeel

-les hydrocellulaires : Allewyn, Tielle, Biatain

-les pansements gras : Tulles Gras,

-les pansements au charbon : Carbonet, Actisorb,

-les mèches simples ou iodoformées

-anti-hémostatiques : Coalgan, Algostéril

-sets à pansements

Produits médicamenteux, en renouvellement de prescription par le médecin :

-bains de bouche : Hextril, Eludril

-anti-diarrhéiques : Arestal, Immodium, Smecta

-traitement de la constipation : Movicol, Importal, Forlax, Normacol, Microlax

Produits de nutrition : (en renouvellement de prescription par le médecin)

-Rénutryl

-Clinutren

Examens Complémentaires :

-ECBU

-examen bactériologique de plaie

-test de grossesse chez l’adolescente de moins de 18 ans

-radio de contrôle en cas de coup ou de chute